1er jour: Arrivée au lac Rose

Vivant en Côte d’Ivoire depuis quelques années, nous avons la volonté de visiter en priorité les pays de la région. Car nous pensons que de nombreuses richesses sont ici, à nos portes sans qu’il soit nécessaire d’aller à l’autre bout du monde ou sur d’autres continents. Cela permet également d’éviter de longs et polluants voyages en avion. C’est pourquoi nous avons fait plusieurs voyages à l’intérieur de la Côte d’Ivoire. Nous avons également visité l’ouest du Ghana en 2019.

Nous souhaitions visiter le Sénégal depuis longtemps. Mais nous voulions que ce voyage ait un sens et ne soit pas un simple séjour touristique. Notre amie Melina de Click & Trip, nous a aidé à l’organiser en partenariat avec Esprit d’Afrique au Sénégal, dont l’état d’esprit correspondait à nos attentes.

Pour nous, un voyage éco-responsable est un séjour dont nous cherchons en premier lieu à réduire l’impact environmental. Mais il s’agit également de tenir compte des aspects éthiques, sociaux et solidaires. Ainsi nous souhaitons que les bénéfices de notre voyage ait un impact le plus direct possible sur les populations locales (tourisme équitable) tout en essayant de limiter les impacts négatifs (notamment environnementaux). Ceux que ces questions intéressent trouveront des informations utiles et quelques définitions ici. En Côte d’Ivoire certaines structures s’inscrivent dans cette démarche, notamment l’association Train and Travel with Women for Africa.

Esprit d’Afrique propose des voyages comportant des hébergements dans des gîtes éco-responsables. Ils participent également à des projets éco-solidaires et proposent des activités en immersion auprès de structures locales et solidaires.

1er mars 2022. Nous voilà donc partis! Nous atterrissons vers 16H, sur la piste de l’aéroport Blaise Diagne.

Après un petit malentendu avec le chauffeur, Abdou, nous voilà en route vers la première étape de notre voyage sur les rives du Lac Rose.

Nous quittons l’aéroport par l’autoroute, nous longeons le nouveau quartier de Diamniadio en plein essor et le stade Abdoulaye Wade, inauguré il y a à peine plus d’une semaine, l’occasion de célébrer la récente victoire des Lions de la Téranga à la Coupe d’Afrique des Nations.

Puis nous quittons l’autoroute et empruntons les routes embouteillées de la banlieue de Dakar. (Nous n’en avons malheureusement pas fini avec les embouteillages de Dakar; affaire à suivre demain!)

Nous traversons finalement le village de Niaga ou nous slalomons entre les derniers vendeurs encore présents au bord de la route.

Arrivés sur les bords du Lac, nous dépassons quelques hôtels et avançons en longeant beaucoup (trop?) de bâtiments en cours de constructions, mais dont les travaux sont visiblement à l’arrêt. L’aménagement anarchique des abords du lac semble être un problème et un risque pour la survie du lac.

Nous voici arrivé au Gîte du Lac, notre résidence pour trois jours…

Le gîte est constitué de plusieurs bungalows discrets et d’un bâtiment principal comportant la cuisine. Nous prendrons nos repas sur la terrasse très agréable, aussi bien le soir que le matin pour le petit déjeuner. Un escalier amène à un petit coin bar pour les soirées tranquilles.

Nous prenons un cocktail de bienvenue, à base de bissap (boisson aux pétales d’hibiscus). En face de nous les rives marécageuses du Lac Rose (ou lac Retba).

Ce lac si particulier dont la couleur rose est due à la présence d’une algue qui produit un pigment rouge pour résister à la concentration de sel. On retrouve d’ailleurs cette même couleur rose dans certains marais salants et d’autres mers très salées.

Le lac provient d’une ancienne lagune, autrefois reliée à la mer et séparée de l’océan, probablement depuis le XIVème ou XVème siècle.

Depuis la concentration en sel du lac augmente et sa taille diminue du fait de l’évaporation. (de 4 km2 à la fin des années 80 il a rétréci à moins de 3 km2 aujourd’hui)

Il fait maintenant presque nuit. Nous laissons le lac que nous découvrirons plus longuement demain.

Nous profitons de la cuisine d’Alain qui fait un effort louable pour s’adapter à nos habitudes végétariennes. Nous allons nous coucher, impatients de découvrir un peu plus ce lieu demain matin.

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2ème jour: L’île de Gorée

Il est 9H quand nous montons dans le 4X4. Aliou est déjà là. Il sera notre chauffeur-guide et nous accompagnera pendant une grande partie de notre voyage. Nous venons de profiter d’un bon petit déjeuner, dans le calme du matin.

A droite d’Aliou, Kamara qui sera notre guide pendant la première partie de notre séjour aux abords du Lac Rose. La journée sera chargée.

Aujourd’hui nous allons affronter Dakar d’une part et l’île de Gorée d’autre part. Pour des raisons bien différentes cela risque d’être éprouvant pour l’une comme pour l’autre.

Nous quittons donc le calme du lac Rose et retournons dans la cohue de Dakar.

Premiers embouteillages (ce ne seront malheureusement pas les derniers de la journée), et nous entrons au cœur de la ville. Notre destination, le quartier du Plateau. Là nous faisons une courte pause au marché de Kermel. Construit en 1860, c’est marché à l’architecture originale. Victime d’un incendie en 1993, il a été reconstruit en 1997. Nous parcourons le marché, y faisons quelques rencontres et admirons de magnifiques fruits et légumes.

De là, direction la gare maritime que nous rallierons à pied et où nous prendrons la navette pour l’Ile de Gorée. Nous nous perdons un peu dans les ruelles du Plateau mais nous arrivons finalement à destination, juste à temps pour monter dans navette qui était sur le point de prendre le large. Jovialement abordés par les vendeuses de l’île, nous ne nous en sortons pas sans la promesse de passer voir leur magasin une fois arrivés.

L’île est seulement à quelques kilomètres de Dakar. La traversée est rapide, nous voilà déjà arrivés. Etrange impression. Les toits rouges, les bateaux colorés pourraient presque faire penser à un village méditerranéen.

Nous retrouvons rapidement un guide qui nous conduira lors de notre visite sur l’île. Après quelques minutes de marche, nous voici aux portes d’une des « maison des esclaves ».

Comme lors de notre voyage au Ghana, nous sommes immédiatement saisis par la solennité du lieu et par l’émotion qui s’en dégage.

Mais contrairement aux sites du Ghana il ne s’agit pas d’immenses forts optimisés pour l’efficacité de la traite des esclaves (ce qui les rends encore plus impressionnants et épouvantables). On comprend ainsi que l’île de Gorée n’a sans doute pas été un des lieux principaux de la traite des esclaves, mais qu’elle constitue plus un symbole, un des derniers lieux visibles et facilement accessible sur cette partie de la côte Africaine. Mais les différents cachots, la « cellule des récalcitrant », minuscule au point de ne pouvoir y tenir debout et bien sur sans aucune ouverture, ainsi que la porte du non-retour qui débouche sur la mer où embarquaient les esclaves sont tous très marquants. Nous avons le temps de visiter le petit musée à l’étage mais déjà la maison va fermer pour la pause, et nous devons quitter les lieux.

Se retrouver dans les rues fleuries et paisibles du village après cette visite crée un contraste saisissant. Voire un certain malaise, accentué, quelques centaines de mètres plus loin par la présence des étals de souvenirs pour touristes, qui paraissent un peu déplacés dans ce lieu.

Nous retrouvons certaines vendeuses croisées sur le bateau, des artisans réalisant de tableaux de sable et toutes sortes de commerçants.

Nous voici maintenant près des gigantesques canons, surnommés « canons de Navarone » car ce sont les mêmes que ceux utilisés dans le célèbre film. Une légende dit même qu’une partie du film a été tourné ici, mais ça ne semble pas être la réalité. Provenant d’un navire français, ils auraient servi une fois, en 1940 pour couler un navire anglais impliqué dans l’opération navale ratée des forces anglo-gaullistes sur Dakar. Aujourd’hui les souterrains d’accès au canon semblent servir de galerie ou d’atelier d’artistes.

Vue du haut de la colline, l’aspect de village paisible est encore plus frappant. Nous redescendons la colline et retrouvons prêt du port pour un déjeuner dans l’un des restaurant se trouvant sur la place.

Après une dernière balade dans le village. Au delà du lieu touristique, l’île est également un lieu vivant comme en témoignent les enfants qui jouent sur une des places du village. il nous faut quitter l’île. Nous retrouverons la suite de notre visite dans le prochaine article…

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