Jour 5: Les forts de Cape Coast et Elmina

Face à certaines réalités historiques, on peut essayer pour les comprendre de ne pas les juger avec nos yeux et notre perception du 21ème siècle. C’est souvent nécessaire pour essayer d’appréhender certains événements, certains comportements.

Mais il est des événements qui restent imperméables à toute tentative, des lieux où l’incompréhension demeure, où l’inacceptable reste sans appel. Les sites emblématiques de la traite de l’esclavage font partie de ceux-là.

Les forts de la côte du Ghana en particulier. 

Aujourd’hui nous avons visité deux d’entre eux.  Le fort de Cape Coast et le fort d’Elmina (château Saint-Georges-de-la-Mine). Bien qu’à quelques kilomètres l’un de l’autre, ces forts ont des histoires très différentes.

Le fort de Cape Coast a une histoire plus simple. Possession Hollandaise, brièvement aux mains des Danois, il est presque entièrement reconstruit après la prise de la région par les britanniques, en 1663. Dès sa reconstruction il est essentiellement destiné à la traite de l’esclavage.

Cour du fort de Cape Coast

Après une petite visite du musée qui se trouve dans l’une de ses ailes, nous visitons le fort avec un guide francophone.

Les cachots où les esclaves étaient gardés quelques semaines avant leur embarquement vers l’Amérique est bien sûr l’aspect le plus impressionnant.

On coupe l’éclairage pour essayer d’imaginer les conditions de détention, à plus de cent dans ces petites salles avec à peine une minuscule embrasure à plusieurs mètres de hauteur servant à la fois d’éclairage et d’aération.

La porte de non-retour (Gate of no return) est également marquante (C’est la porte franchie au moment de l’embarquement)

Nous visitons également le salon et la chambre du gouverneur, aérés et lumineux qui contrastent évidemment avec les cachots sombres et humides.

On notera aussi les aménagements symboliques faits après l’abolition de l’esclavage (en 1833 dans cette région), ou plus tard après la décolonisation. L’entrée du tunnel emprunté pour accéder à la porte de non retour est murée, ainsi que plusieurs autres accès symboliques. Dans l’une des salles est installé un fétiche. Cette salle sert également maintenant à recueillir les coronnes de fleurs envoyées d’un peu partout (notamment de la disapora en Amérique) en mémoire aux esclaves morts ou ayant soufferts dans ce fort.

La porte de non retour devient la porte du retour, signe d’espoir

Avant de poursuivre à Elmina, nous déjeunons dans un étrange petit restaurant végétarien, Baobab House. Le restaurant est lié à une fondation, Baobab Children Foundation qui à pour mission de former les enfants aux métiers de l’artisanat et entre autre de la cuisine.

Le fort d’Elmina lui est le plus vieux fort du Ghana. Il a été construit en 1482 par les portugais, puis utilisé par les hollandais et enfin les britaniques.

Lors de la période la plus active de la traites des esclaves, il était controlé par les hollandais. Il était donc en concurrence avec le fort de Cape Coast. Il ne passera sous la domination britanique que bien après l’abolition de l’esclavage, en 1872, au même moment que le reste de la Côte d’Or.

Contrairement à celui de Cape Coast il n’a pas été conçu des le départ pour la traite des esclave, mais plutôt comme un comptoire commercial classique, notamment pour le commerce de l’or. Il faut d’ailleurs noter qu’il a été construit quelques années avant le débarquement en Amérique de Christophe Colomb. Il n’était donc pas encore question de commerce triangulaire.

Comme a Cape Coast, nous visitons donc ces anciens entrepots de marchandises, reconvertis en cachots ainsi que la porte de non-retour. Le fort est d’une architecture étonnante, avec une cour, et ce qui était au départ uen église au milieu de celle-ci. De grands escaliers montent aux différents étages, occupés par ordre de privilège (Le gouverneur du fort au dernier étage)

Nous finissons là notre journée de visite, qui a été forte en émotions et assez triste, mais également très instructive.

Nous laisserons le dernier mot à Barack Obama, qui a visité le fort de Cape Coast en 2009 et y a fait un discours.

We want to thank […] the people of Ghana for preserving this history. As painful as it is, I think that it helps to teach all of us that we have to do what we can to fight against the kinds of evils that, sadly, still exist in our world, not just on this continent but in every corner of the globe.

Discours de Barack Obama, à Cape Coast, le 11 juillet 2009 (Sources: Time.com)
Partager:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Entrez Captcha ici : *

Reload Image